Le géant automobile Volkswagen, fleuron en crise d'une industrie allemande plombée notamment par son retard dans l'électrique, a encore vu ses bénéfices fondre au premier trimestre ( AFP / JULIEN DE ROSA )
Le géant automobile Volkswagen, fleuron en crise d'une industrie allemande plombée notamment par son retard dans l'électrique, a encore vu ses bénéfices fondre au premier trimestre et veut accélérer la réduction de ses coûts pour retrouver sa rentabilité.
Le résultat après impôts du groupe aux dix marques s'est élevé à 1,56 milliard d'euros de janvier à mars, une diminution plus importante qu'attendue par les analystes de la plateforme Factset, qui tablaient sur 1,76 milliard.
"Nous devons être lucides: notre modèle économique actuel et l'évolution de l'environnement ne génèrent pas de rendements suffisants", a affirmé lors d'une conférence de presse Oliver Blume, le président du directoire du groupe Volkswagen, qui a enregistré une chute de son bénéfice opérationnel au premier trimestre de 14,3%, à 2,5 milliards d'euros.
Face à la concurrence chinoise, particulièrement sur le segment électrique, et aux droits de douane américains représentant selon le directeur financier Arno Antlitz des charges d'environ 4 milliards d'euros par an, le groupe veut tailler dans les dépenses.
Dans une interview interne publiée par Volkswagen, M. Antlitz a argué que "les réductions de coûts planifiées à ce jour sont insuffisantes".
En plus des 50.000 suppressions de postes en Allemagne annoncées en mars, Volkswagen veut "adapter aux réalités du marché" son réseau de production, dont la capacité mondiale devrait être réduite à environ neuf millions d'unités par an.
- Offensive produits -
En Chine, où le groupe fait face à la féroce compétition des constructeurs locaux, Volkswagen a enregistré au premier trimestre une chute de 14,8% de ses livraisons de véhicules, et un effondrement des ventes de voitures électriques de 63,8%, à la suite de l'arrêt des subventions gouvernementales.
Les constructeurs chinois, comme BYD ou XPENG, parviennent à vendre des véhicules technologiquement très avancés à un prix beaucoup plus attractif que Volkswagen ou ses concurrents allemands Mercedes ou BMW.
Et ils s'installent aussi sur le Vieux continent en "construisant des sites efficaces en Europe de l'Est et du Sud", a noté M. Antlitz.
Volkswagen espère remonter la pente sur le marché chinois en y lançant un total de 20 nouveaux modèles électrifiés en 2026 pour atteindre 50 modèles d'ici 2030, dont environ 30 seront 100% électriques.
Pour combler son retard technologique, le groupe de Wolfsburg (nord) mise par ailleurs sur des partenariats locaux, notamment avec XPENG.
Aux Etats-Unis, autre marché clé, les livraisons de véhicules ont diminué de plus de 20% notamment à cause des droits de douane.
Face à ces vents contraires, Volkswagen a déjà réduit "ses frais généraux de près d'un milliard d'euros" au premier trimestre.
Mais la marge opérationnelle a continué de se dégrader, tombant à 3,3%, contre 3,7% un an plus tôt et 6% au premier trimestre 2024, un niveau jugé "beaucoup trop bas" par le directeur financier.
Par ailleurs, la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz où circule une part importante des marchandises mondiales, "fait grimper le coût des matières premières et des biens", a pointé M. Antlitz.
Il a estimé l'impact sur les coûts de transports à "20 à 30 millions d'euros par mois".
Néanmoins, Volkswagen a confirmé ses objectifs pour l'exercice 2026, sa marge opérationnelle devant remonter entre 4 et 5,5%.
Mais, d'après un communiqué, les prévisions se basent sur l'hypothèse de droits de douane inchangés, et ne prennent pas en compte "l'escalade au Moyen-Orient".

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer